GARHI KHUDA BAKHSH, Pakistan - Des centaines de milliers de Pakistanais en deuil, pleurant et hurlant des slogans contre le pouvoir se sont réunis vendredi devant le mausolée de la famille de Benazir Bhutto à Garhi Khuda Baksh, village du sud du pays où l'opposante assassinée la veille a été inhumée. Des violences ont éclaté à travers le Pakistan.
La foule arrivée en tracteur, en car et en voiture s'est massée dans les rues entourant le vaste monument de marbre où reposait déjà le père de l'ancienne Première ministre, l'ex-président et ex-Premier ministre Zulfikar Ali Bhutto, fondateur du PPP, renversé par un putsch en 1977 et exécuté.
Une ambulance blanche a amené jusqu'au mausolée le simple cercueil de bois de Benazir Bhutto, entouré du drapeau rouge, vert et noir du Parti populaire du Pakistan (PPP). La procession est passée devant les restes encore fumants d'un train brûlé la veille par des partisans de l'opposante à l'annonce de sa mort, devant aussi les panneaux plantés il y a deux mois pour célébrer le retour de l'ex-Première ministre de huit ans d'exil. Sur l'un d'eux, quelqu'un avait inscrit: "Benazir, tu es l'espoir des pauvres."
En attendant le cercueil devant le mausolée, certains agitaient le drapeau du PPP en criant: "Aussi longtemps que la lune et le soleil vivront, le nom de Bhutto vivra". "Elle n'était pas seulement le leader du PPP, elle était un leader pour tout le pays. Je ne sais pas ce qui va arriver au pays maintenant", s'inquiétait Nazakat Soomro, 32 ans.
Au moins 20 autres personne sont péri dans l'attentat de jeudi à Rawalpindi, près de la capitale, Islamabad, dans l'Est du Pakistan.
Le président Pervez Musharraf a décrété un deuil national de trois jours mais le recueillement n'a pas empêché la colère des partisans de Benazir Bhutto de s'exprimer dans de nombreuses villes du pays.
Des milliers d'entre eux ont saccagé des agences bancaires, échangé des coups de feu avec la police, lancé des pierres sur les forces de l'ordre, et incendié des pneus, des gares et des trains à Multan (centre), Islamabad, Karachi (sud), Peshawar (nord-ouest)... A Peshawar, les manifestant ont saccagé le bureau, vide, du principal parti proche du pouvoir.
Le gouvernement pakistanais a toutefois décidé de maintenir les élections législatives prévues pour le 8 janvier. Le PPP de Benazir Bhutto y était l'un des grands favoris. AP
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